Il y a du guerrier pour la guerre à Kasserine

24 septembre, un escadron de colons tunisois, hharhasse el watan ( les flics de la patrie), la garde nationale, est venu envahir Kasserine pour un grand nettoyage, une sale purge. Selon les ordres du ministère de l’intérieur il faut remettre en prison les évadés, arrêter les derniers voleurs en date, de la « révolution ». Kasserine est remplie de motos, dont la moitié, je pense, sont volées, je ne parle même pas des voitures.

Le centre ville est bouclé , contrôles d’identité, interpellations, fouilles des véhicules. Les sirènes de polices retentissent dans la ville, les camions de police se remplissent de futur prisonniers, j’en ai mal à la tête.

Ce soir, il fait froid et noir, plus un chat dans les hhomes (rue populaire). La dernière patrouille de police que j’ai vu s’est aventurée jusque dans les bas-fonds de la ville. Ça ne veut pas rien dire, c’est un geste fort de leur part. « zenga zenga dar dar bite bite »

25 septembre aux alentours de 21h une manifestation traverse la ville. Une aura monstre l’enveloppe. Les hhomes se remplissent, tout le monde piaille sur le dernier scoop (made in closer). Tout le monde en parle mais personne n’a rien vu. On entend des gens siffler d’assez loin, c’est les « frechiches », les types de Kasserine, ceux qui adorent siffler, vieille pratique tribale. Les frechiches arrivent et comme pendant les évènements de décembre, ce sont surtout des jeunes qui sortent résister : « Faire la guerre, il y a du guerrier » , « les singes doivent dégager, ils n’ont pas leur place ici, nous sommes chez nous ils viennent nous faire taire »

Pendant plusieurs heures, des bandes de jeunes se sont affrontées à la police tunisoise et kasserinoise.

La Constitution approche (23 octobre), c’est un évènement de leur histoire (loyaliste). Une ligne de partage se trace ces derniers temps en Tunisie, « nous sommes avec eux ou contre eux ». Eux, ce sont les singes, ceux d’en haut, ceux qui n’ont aucune dignité.

En approche de cet évènement saint, nous, profanes, avons décidés de ne pas subir « leur religion sécuritaire » et de passer à l’offensive.

L’éducation nationale est encore occupée, des dortoirs sont installés, l’offensive se compose .

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